Fiche pratique · Mise à jour le 27 juillet 2026
AGRI-EQ-110 2026 : montant CEE et calcul de prime
L'essentiel. L'AGRI-EQ-110 est la fiche d'opération standardisée du séchage solaire de produits agricoles ou forestiers, exploitations agricoles comme scieries (co-produits) sont concernées. Elle fixe l'équipement éligible et la méthode de calcul de la prime : puissance thermique installée, conversion en kWh cumac, valorisation au cours des CEE. La demande se fait avant toute signature, et le montant réel se fixe sur devis écrit et daté.
La théorie peut maintenant être comparée à cinq devis forestiers anonymisés. Ils illustrent quatre puissances et un reste à payer affiché à 0 €, tout en montrant pourquoi devis, validation CEE et chantier réalisé ne doivent pas être confondus.

De quoi s'agit-il ?
Le dispositif CEE (loi POPE de 2005) repose sur des fiches d'opérations standardisées. Chaque fiche décrit un type de travaux, ses conditions, et la façon de compter l'énergie économisée. Le calcul est ainsi reproductible et vérifiable.
La fiche AGRI-EQ-110 est celle du séchage solaire de produits agricoles ou forestiers. Elle définit l'équipement éligible et les conditions à respecter pour ouvrir droit à la prime.
Si le projet respecte la fiche, l'économie d'énergie se compte selon une méthode connue d'avance. Le montant de la prime n'est pas négocié au cas par cas : il découle d'un calcul.
6e période CEE 2026-2030 (décret n° 2025-1048) : ce que cela change pour l'AGRI-EQ-110
Point réglementaire au 18 juillet 2026.
Le dispositif CEE fonctionne par périodes d'obligation successives. La sixième s'ouvre le 1er janvier 2026 et s'achève le 31 décembre 2030 ; c'est le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 qui en fixe le cadre. Comme à chaque période, les vendeurs d'énergie se voient imposer un objectif d'économies d'énergie à faire réaliser sur la durée de la période. Pour un dossier AGRI-EQ-110, trois points sont à retenir :
- La fiche reste le texte de référence de l'opération. Le décret fixe le cadre de la période ; il ne modifie pas, en lui-même, le contenu de la fiche AGRI-EQ-110. À la date de mise à jour de cette page, la version applicable de la fiche reste la version A38-1, citée tout au long de cette fiche pratique. Les conditions et coefficients d'un projet donné se confirment, comme toujours, sur les textes en vigueur à la date d'engagement.
- La mécanique de calcul décrite ci-dessous est inchangée. Puissance thermique installée, coefficient par filière et par zone climatique, valorisation au cours des CEE : c'est ce mode de calcul qui s'applique aux dossiers engagés en sixième période.
- Le passage de période rappelle une règle de prudence. Le cours des CEE est un prix de marché, qui évolue notamment avec l'équilibre entre l'obligation des vendeurs d'énergie et les opérations réalisées. Un montant sérieux se fige donc par écrit, sur devis daté, au moment de l'engagement du dossier : jamais sur une promesse verbale valable « quelle que soit la période ».
Qui est concerné : le monde agricole ET la filière bois
Le préfixe « AGRI » induit souvent en erreur : la fiche ne se limite pas aux exploitations agricoles. Le texte vise le séchage solaire de produits agricoles ou forestiers. Deux familles de professionnels sont donc concernées :
- Le monde agricole : exploitations, CUMA et coopératives qui sèchent du fourrage (foin, luzerne), des céréales, des plantes aromatiques ou d'autres productions végétales en grange ou en cellule.
- La filière bois : scieries et entreprises de première transformation qui sèchent leurs produits et co-produits. Plaquettes forestières, sciure, écorces, dosses, connexes transformés en bûches ou bois de chauffage. Une scierie qui valorise ses connexes en plaquettes sèches entre pleinement dans le champ de la fiche, au titre des produits forestiers.
Dans les deux cas, l'opération est portée par un professionnel disposant d'un SIRET actif, sur un site qu'il maîtrise (propriété ou bail de longue durée). Le tableau des coefficients de la fiche distingue d'ailleurs explicitement produits « agricoles » et « forestiers », les seconds bénéficiant des valeurs les plus élevées, ce qui fait du séchage en scierie l'un des cas les mieux valorisés du dispositif.
Ce que la fiche exige
- Un bâtiment de séchage fermé. Il permet de piloter l'air et l'humidité. Un espace ouvert ne convient pas.
- Un séchage par insufflation d'air à basse température, de 25 à 40 °C. Séchage lent et maîtrisé, qui préserve la qualité de la matière.
- Des panneaux solaires hybrides certifiés (normes de type IEC 61215 et IEC 61730), produisant chaleur et électricité.
- Une productivité de capteurs suffisante et une puissance thermique mesurée selon une méthode reconnue : cette puissance sert de base au calcul de la prime.
- Un système complet : l'opération porte sur l'ensemble de l'équipement : capteurs hybrides, ventilation, chambres d'aspiration et de compression.
Les seuils et normes exacts sont fixés par l'arrêté en vigueur définissant la fiche AGRI-EQ-110. Cette page en donne une lecture pédagogique ; l'étude du projet vérifie chaque point.
Extraits exacts du texte officiel de la fiche AGRI-EQ-110 (version A38-1, applicable à compter du 31 juillet 2021) :
- « La mise en place est réalisée par un professionnel. »
- « Le bâtiment utilisé pour le séchage est fermé. »
- « Les panneaux solaires hybrides utilisés pour le séchage sont certifiés selon les normes photovoltaïques IEC 61215 “Modules photovoltaïques (PV) pour applications terrestres” et IEC 61730 “Qualification pour la sûreté de fonctionnement des modules photovoltaïques (PV)”. La puissance thermique installée est mesurée selon la norme ISO 9806 ou la norme européenne ETV. »
- « La productivité des capteurs solaires hybrides est supérieure ou égale à 500 W/m² de surface d'entrée des capteurs, calculée en additionnant la puissance électrique selon la norme IEC 61215 et la puissance thermique selon la norme ISO 9806. »
- L'opération consiste « soit en la mise en place d'un système complet neuf de séchage par insufflation d'air à basse température (25-40°C) utilisant des panneaux solaires hybrides », « soit en la mise en place d'une toiture solaire en panneaux solaires hybrides venant se coupler à un système d'insufflation d'air existant à haute température (60-80°C) ».
- Durée de vie conventionnelle : « 15 ans ».
Source : fiche d'opération standardisée AGRI-EQ-110 (PDF officiel, ecologie.gouv.fr).
Les conditions réelles, au-delà de la technique
Aux exigences techniques de la fiche s'ajoutent les règles générales du dispositif CEE. Ce sont elles qui, en pratique, font passer ou échouer les dossiers :
- Un bâtiment clos : existant, ou à créer. Le séchage se conduit en cellule fermée. À défaut de bâtiment, la structure peut être créée et intégrée au projet, sous conditions d'éligibilité, l'absence de hangar ne condamne pas le dossier, elle se traite à l'étude.
- Du matériel neuf. La fiche vise l'installation d'un équipement neuf ; le matériel d'occasion ou reconditionné n'ouvre pas droit à la prime.
- Une pose par un professionnel. L'installation est réalisée dans les règles de l'art par une entreprise identifiée, et attestée dans les pièces du dossier.
- Une demande engagée AVANT toute signature. C'est la règle la plus méconnue et la plus coûteuse quand elle est ignorée : détaillée ci-dessous.
- Des pièces justificatives complètes. Devis détaillé, attestation sur l'honneur, preuves de la puissance thermique installée : le dossier se constitue au fil du projet, pas après coup.
Le dispositif CEE exige que le « rôle actif et incitatif » du demandeur de certificats soit antérieur au déclenchement de l'opération. Traduction concrète : la demande de prime doit exister avant la signature du devis ou du bon de commande. Un devis signé trop tôt rend l'opération non valorisable, quelle que soit la qualité de l'installation. C'est la première cause de primes perdues, et elle est irrattrapable : aucun recours ne permet de « régulariser » un devis antérieur à la demande.
Comment se calcule le volume de CEE : kWh cumac, puissance, zone climatique
Le principe est le même pour toutes les fiches CEE : l'opération se voit attribuer un volume d'énergie économisée, exprimé en kWh cumac (« cumulés et actualisés » sur la durée de vie de l'équipement). Pour l'AGRI-EQ-110, ce volume dépend de trois facteurs :
- La puissance thermique installée (en kW), mesurée selon une méthode reconnue. C'est le reflet direct de la surface de capteurs posée en toiture. Plus la puissance est élevée, plus le volume de certificats l'est.
- Le type de produit séché : la fiche distingue produits agricoles et produits forestiers, avec des coefficients propres à chacun.
- La zone climatique du site : la France est découpée en trois zones, H1 (nord et est), H2 (ouest et centre-sud-ouest), H3 (pourtour méditerranéen et Corse). L'ensoleillement n'y est pas le même, et les coefficients en tiennent compte ; pour une lecture appliquée du barème en zone nord-est, voir le détail pour le Grand Est (zone H1).
Le volume obtenu est ensuite valorisé au cours des CEE, un prix de marché. Les coefficients exacts sont publiés dans la fiche officielle ; les valeurs applicables à un projet donné sont celles des barèmes en vigueur au moment de l'engagement, confirmées lors de l'étude. Le calculateur ci-dessous applique ces coefficients publiés : il illustre la mécanique, il ne remplace ni la fiche ni le devis.
Le barème converti en euros par kW
Au cours moyen pondéré publié par le registre EMMY, 8,60 €/MWh cumac en mai 2026 : le barème du système complet neuf équivaut, par kW thermique installé, à :
| Zone climatique | Produits agricoles | Produits forestiers |
|---|---|---|
| H1 | 42 700 kWhc/kW ≈ 367 € | 102 600 kWhc/kW ≈ 882 € |
| H2 | 48 500 kWhc/kW ≈ 417 € | 116 600 kWhc/kW ≈ 1 003 € |
| H3 | 55 700 kWhc/kW ≈ 479 € | 134 100 kWhc/kW ≈ 1 153 € |
Pour une toiture solaire couplée à un système d'insufflation existant, les coefficients vont de 12 200 à 17 400 kWh cumac/kW en produits agricoles (≈ 105 à 150 €/kW au même cours) et de 16 900 à 24 100 kWh cumac/kW en produits forestiers (≈ 145 à 207 €/kW). Certaines régions sont à cheval sur deux zones et méritent une lecture au code postal près : c'est le cas de l'Occitanie, partagée entre H2 et H3.
Estimation au cours moyen pondéré EMMY de mai 2026 : le montant final dépend de la négociation avec l'obligé, de la date d'engagement et des conditions du dossier. Sources : fiche officielle AGRI-EQ-110 (PDF) et données mensuelles EMMY.
Calculateur AGRI-EQ-110
Choisissez le produit, la configuration, la zone climatique et la puissance thermique. Le calcul applique directement les coefficients publiés dans la fiche officielle AGRI-EQ-110.
116 600 × 188 kW = 21 920 800 kWh cumac, soit 21 920,8 MWh cumac × 8 €/MWh.
Estimation mathématique, non contractuelle. La valorisation en euros dépend de l'accord avec l'obligé, de la date d'engagement et des conditions du dossier. Consulter la fiche officielle AGRI-EQ-110.
Passer de l'estimation au cas réel
Le coefficient seul ne dimensionne pas l'installation. Renseignez votre produit, votre bâtiment, votre énergie actuelle et votre code postal pour obtenir une pré-étude séparant puissance, volume de CEE, valorisation et inconnues à confirmer.
Étudier mon projet avec ces paramètres
Outil édité par Accompagnement Transition énergétique (MAYA SUN ENERGY), partenaire commercial déclaré. Estimation non contractuelle avant étude et devis.
Exemple calculé : 188 kW, produit forestier, zone H2
Une installation complète de 188 kW thermiques destinée à des produits forestiers en zone H2 utilise un coefficient officiel de 116 600 kWh cumac par kW installé.
| Étape | Ce qui est mesuré | Valeur retenue |
|---|---|---|
| 1. Puissance thermique installée | Puissance mesurée selon ISO 9806 ou ETV. | 188 kW |
| 2. Conversion en certificats | 116 600 kWh cumac/kW × 188 kW. | 21 920 800 kWh cumac |
| 3. Valorisation au cours des CEE | Exemple de valorisation, à remplacer par le prix contractuel de l'obligé. | × 8 €/MWh cumac |
| Prime CEE (exemple) | ≈ 175 366 € | |
D'où vient le « jusqu'à 100 % » ? Rapportée au coût de l'installation pour cette configuration, une prime de cet ordre peut en couvrir une large part, parfois la quasi-totalité selon le cours des CEE et le devis retenu. C'est un plafond atteignable dans certains cas, pas une promesse universelle.
Les chiffres ci-dessus sont une illustration pédagogique, pas un devis. Le coefficient vient de la fiche officielle ; la puissance, la valorisation, les plafonds et les conditions contractuelles doivent être confirmés pour le projet.
Deux devis réels, à l'échelle d'une exploitation
L'exemple pédagogique montre la mécanique ; voici l'ordre de grandeur que donnent des dossiers réellement chiffrés. Les deux devis ci-dessous ont été établis en juillet 2026 et sont présentés de façon anonymisée : secteur d'activité, département et montants uniquement.
| Projet | Configuration | Montant TTC | Prime CEE | Reste à payer |
|---|---|---|---|---|
| Exploitation céréalière, Gers (32) | 6 kits de séchage solaire | 663 010,92 € | 663 010,92 € | 0 € |
| Entreprise bois et parquets, Loire (42) | 9 kits de séchage solaire | 875 106,18 € | 875 106,18 € | 0 € |
Ces deux dossiers illustrent le cas où la prime, calculée sur la puissance thermique installée, atteint le montant du devis : le « jusqu'à 100 % » décrit plus haut, appliqué à une configuration réelle. On y retrouve aussi l'écart de taille entre filières : le dossier bois, mieux valorisé par les coefficients forestiers, porte sur une installation plus importante.
Devis réels établis en juillet 2026, anonymisés. Il s'agit de devis avant travaux, pas de réalisations livrées : chaque projet reste soumis aux conditions d'éligibilité, au dimensionnement et à la validation du dossier CEE. Ces montants ne préjugent pas du résultat d'un autre projet ; d'autres ordres de grandeur figurent sur la page exemples de montants.
Les trois paramètres qui font varier le montant
| Paramètre | Effet sur la prime |
|---|---|
| Puissance installée | Plus la toiture accueille de capteurs, plus la puissance thermique, donc le volume de certificats, est élevée. La surface est le premier moteur du montant. |
| Cours des CEE | Prix de marché du kWh cumac. Il monte et descend selon les périodes. À volume égal, il fait varier la prime en euros. |
| Conformité à la fiche | Un dossier qui respecte toutes les exigences de l'AGRI-EQ-110 valorise la totalité de l'opération. Un point manquant met en jeu le montant, voire l'éligibilité. |
Le parcours pas-à-pas, de l'idée au versement de la prime
- Cadrer le projet. Produit à sécher (fourrage, céréales, plaquettes, bûches…), volume annuel, taux d'humidité de départ, bâtiment disponible, surface de toiture exploitable. Ces éléments déterminent tout le reste.
- Vérifier l'éligibilité. SIRET actif, maîtrise du site, bâtiment clos existant ou intégrable au projet, produit agricole ou forestier : la checklist d'éligibilité couvre les points bloquants.
- Engager le dossier CEE avant toute signature. C'est l'étape qui sécurise la prime : l'obligé ou son délégataire formalise son rôle actif et incitatif. Tant que ce n'est pas fait, ne signez rien.
- Faire réaliser l'étude de dimensionnement. Elle fixe la surface de capteurs, la puissance thermique (base du calcul de la prime) et vérifie chaque exigence de la fiche sur votre configuration.
- Signer le devis, écrit et daté. Une fois le dossier engagé, le devis fige le périmètre de l'opération et le montant de prime associé.
- Faire installer par un professionnel. Matériel neuf, pose dans les règles de l'art, système complet conforme à la fiche (capteurs hybrides, ventilation, chambres d'aspiration et de compression).
- Réceptionner et percevoir la prime. Facture, attestation sur l'honneur et pièces techniques complètent le dossier ; un contrôle sur site par un organisme accrédité peut intervenir, c'est une garantie du dispositif. La prime est ensuite versée selon les modalités convenues avec l'obligé.
Cas type n° 1 , la scierie qui valorise ses co-produits
Une scierie de résineux vend aujourd'hui ses connexes, dosses et sciures en l'état, décotés car humides. Le projet : aménager une cellule de séchage close dans un hangar existant, poser des capteurs solaires hybrides en toiture et sécher par insufflation d'air à 25 à 40 °C des plaquettes et des bûches issues de ces co-produits.
Côté CEE, l'opération relève des produits forestiers, qui bénéficient des coefficients les plus élevés de la fiche. Le volume de certificats découle de la puissance thermique installée en toiture, selon les barèmes en vigueur, confirmé lors de l'étude. Côté exploitation, le gain est double : le bois se vend sec, au prix plein, et la chaleur solaire remplace un poste énergie qui aurait pesé sur chaque lot séché.
Cas type n° 2 , l'exploitation agricole qui sèche son fourrage
Une exploitation d'élevage souhaite sécuriser la qualité de son foin et de sa luzerne, aujourd'hui dépendante des fenêtres météo. Le projet : équiper la grange existante d'un séchage en grange par insufflation, alimenté par des capteurs hybrides posés sur la toiture du bâtiment.
Côté CEE, l'opération relève des produits agricoles. Le volume de certificats est calculé sur la puissance thermique installée et la zone climatique de l'exploitation, selon les barèmes en vigueur, confirmé lors de l'étude. Côté ferme, le fourrage rentré plus tôt et séché à basse température garde sa valeur alimentaire, et l'autonomie fourragère de l'élevage s'améliore sans facture de combustible.
Pièges courants et signaux d'alerte
Le dispositif CEE attire aussi des intermédiaires peu scrupuleux. Voici les signaux qui doivent faire lever un sourcil, et ce qu'un projet sérieux fait à la place :
- La « gratuité » promise sans réserve. La prise en charge dépend des critères d'éligibilité et de la configuration : un professionnel sérieux dit toujours « sous conditions d'éligibilité », jamais « gratuit pour tout le monde ».
- Le devis à signer « tout de suite pour réserver la prime ». C'est l'inverse de la règle : signer avant l'engagement du dossier CEE fait perdre la prime. La pression à la signature immédiate est un signal d'alerte en soi.
- Le montant annoncé au téléphone, sans étude. La prime découle de la puissance thermique installée, mesurée et vérifiée. Personne ne peut la connaître sans avoir étudié la toiture et le projet.
- Le matériel flou ou d'occasion. La fiche exige des capteurs hybrides certifiés et un équipement neuf. Exigez les références des normes et les fiches techniques.
- L'absence de contrôle annoncé. Le dispositif prévoit des contrôles par des organismes accrédités : une offre qui n'en parle jamais, ou qui s'en inquiète, mérite la méfiance.
Le sujet est traité en détail, vérification de l'entreprise, statut CEE de l'interlocuteur, recours, sur la page Démarchage abusif : vérifier l'entreprise CEE avant de signer.
Obtenir un chiffrage sur votre projet
L'exemple montre la mécanique. Le montant réel dépend de votre toiture, de votre volume et du cours du moment. Il se chiffre par écrit, après étude. Pour une première approche concrète du dimensionnement, le simulateur de séchoir solaire d'un intégrateur spécialisé permet de cadrer le projet avant de lancer l'étude.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la fiche AGRI-EQ-110 ?
C'est une fiche d'opération standardisée du dispositif CEE. Elle encadre le séchage solaire de produits agricoles ou forestiers : elle définit l'équipement éligible (panneaux hybrides, ventilateur, chambres d'aspiration et de compression) et les conditions à respecter, notamment un bâtiment fermé et un séchage par insufflation d'air à basse température de 25 à 40 °C.
Qu'est-ce qu'un kWh cumac ?
Le kWh cumac (kilowattheure « cumulé et actualisé ») est l'unité de compte du dispositif CEE. Il représente l'économie d'énergie générée par une opération sur toute sa durée de vie, actualisée. La prime se calcule en multipliant le volume de kWh cumac obtenu par le cours des CEE, un prix de marché exprimé en euros par kWh cumac.
D'où vient le « jusqu'à 100 % » de prise en charge ?
Il vient du rapport entre la prime et le coût de l'installation. Comme la prime dépend de la puissance thermique installée et du cours des CEE, elle peut, selon la configuration, atteindre un niveau proche du coût de l'équipement. C'est un plafond selon les cas, pas une garantie : seul le devis écrit et daté fixe le montant réel et le reste à charge.
Le montant peut-il changer entre le devis et les travaux ?
Le cours des CEE évolue dans le temps : c'est pourquoi le dossier est déposé auprès de l'obligé avant le démarrage des travaux, et le montant sécurisé sur un devis écrit et daté. C'est tout l'intérêt de faire monter le dossier dans les règles, plutôt que de se fier à une estimation approximative donnée au téléphone.
Une scierie est-elle éligible à l'AGRI-EQ-110 ?
Oui. La fiche vise le séchage solaire de produits agricoles ou forestiers. Une scierie qui sèche ses produits et co-produits, plaquettes forestières, sciure, dosses, connexes transformés en bûches ou bois de chauffage. Entre dans le champ de la fiche au titre des produits forestiers, sous conditions d'éligibilité. Le tableau des coefficients distingue d'ailleurs explicitement les produits forestiers, avec les valeurs les plus élevées de la fiche.
Quand faut-il faire la demande de prime CEE ?
Avant de signer quoi que ce soit. Le dispositif exige que le rôle actif et incitatif de l'obligé soit antérieur au déclenchement de l'opération : la demande de prime doit donc exister avant la signature du devis ou du bon de commande. Un devis signé trop tôt rend l'opération non valorisable, quelle que soit la qualité de l'installation, et c'est irrattrapable.
Le bâtiment de séchage doit-il déjà exister ?
Le séchage doit se faire dans un bâtiment fermé, pour maîtriser la température et l'hygrométrie. Mais l'absence de bâtiment ne bloque pas le projet : la cellule de séchage peut être créée et intégrée à l'opération, sous conditions d'éligibilité. Ce point est vérifié lors de l'étude, avec le statut de l'entreprise (SIRET actif) et la maîtrise du site (propriété ou bail de longue durée).
Peut-on cumuler la prime CEE avec d'autres aides ?
Certaines aides publiques se cumulent avec les CEE, d'autres non : chaque dispositif a ses propres règles de cumul et de plafonds, qui se vérifient au montage du dossier. Le principe de prudence : ne jamais compter deux aides sur le même poste sans confirmation écrite lors de l'étude. Le détail est traité sur la page Cumul des aides.
Textes de référence
- Fiche d'opération standardisée CEE AGRI-EQ-110 : séchage solaire de produits agricoles ou forestiers (PDF officiel).
- Le dispositif des certificats d'économies d'énergie, présentation officielle sur ecologie.gouv.fr.
- Calculateur CEE de l'ADEME : outil public de calcul du volume de certificats par fiche d'opération.
- Décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 : cadre de la sixième période du dispositif CEE (2026-2030).
- Loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 (loi POPE), fondement du dispositif CEE.
- Articles L. 221-1 et suivants du code de l'énergie.
- Normes de certification des capteurs de type IEC 61215 et IEC 61730.
- Arrêté en vigueur définissant les fiches d'opérations standardisées.
Voir aussi
Vérifier d'abord si le projet entre dans le cadre : la checklist d'éligibilité ou le détail des conditions. Comparer d'autres primes chiffrées, vérifier ce qui se cumule avec quelles aides, apprendre à repérer le démarchage abusif, ou revenir au mécanisme du financement CEE.